Curiosités & Trésors (Avril 2025)
Les Archives départementales conservent de précieux fonds iconographiques. On y retrouve des photographies, des cartes et plans, des affiches, des dessins, des gravures...
Selon le Dictionnaire de terminologie archivistique.doc (francearchives.gouv.fr) :
- les documents figurés (ou iconographiques) sont des "Documents composés essentiellement d'images fixes comportant un élément de dessin, de figuration graphique ou photographique."
- les documents photographiques sont des "Documents sur support photographique, incluant les diapositives, les négatifs, les épreuves, voire les documents s'y rapportant".
- les documents cartographiques concernent "les cartes et plans, quelle que soit leur échelle".
Au fur et à mesure des classements, des inventaires sont élaborés et rendus disponibles en ligne.
Tous les mois, les Archives départementales du Gard vous proposent de découvrir des documents originaux et uniques extraits de leurs fonds iconographiques. Les "Curiosités & Trésors" du mois vous sont présentés ici.
Avril 2025
+ d'infos : Un monde entre les pages (Arch. dép. du Gard : 19 Fi 430)
Extraite du fonds Séguron conservé dans la sous-série 19 Fi des Archives départementales du Gard, une petite plaque de verre symbolise toute la puissance émotionnelle de la photographie. A l’origine, ce portrait est réalisé dans le but de fixer les visages et les moments importants de la famille, en l’occurrence ceux d’une famille nîmoise de la fin du XIXe siècle.
Cependant, la simplicité du sujet et du cadrage et le dépouillement du lieu conduisent inéluctablement à magnifier la lecture et à engager des voyages littéraires. Contentons-nous de rapprocher l’inspirant poème de Stéphane Mallarmé, "Brise marine", publié en 1899 et donc contemporain d’Adèle Néant, auteure de cette photographie.
La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend,
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
Lève l'ancre pour une exotique nature !Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !