Madeleine Brès, née Madeleine Gebelin (1842-1921), la première femme médecin
À l'occasion de la journée internationale des femmes de sciences le 12 février 2026, les Archives départementales du Gard souhaitent mettre en avant la figure gardoise Madeleine Brès.
Née à Bouillargues le 29 novembre 1842, sa vocation se développe enfant, alors qu’elle accompagne son père à l’hôpital de Nîmes.
Le métier qu’il exerce l’amène à construire des brancards pour transporter les malades. Elle y observe les sœurs qui soignent les patients et qui vont lui confier progressivement de menues tâches. Mariée à 15 ans à Lyon, à un conducteur d'omnibus, elle élève pendant quelques années ses trois enfants tout en poursuivant le rêve de devenir médecin.
Déterminée, elle se présente en 1866 devant le doyen de la faculté de médecine de Paris et lui demande son autorisation pour s'inscrire en médecine.
Charles Adolphe Wurtz, chimiste reconnu et progressiste, lui demande de passer d’abord le baccalauréat. Depuis 1861, la voie du baccalauréat est ouverte pour les femmes grâce à Julie-Victoire Daubié, une institutrice des Vosges, première femme française à l’avoir obtenu.
Elle décroche en 1869, en candidate libre, son baccalauréat lui permettant de s’inscrire en faculté de médecine.
La question doit toutefois être évoquée en Conseil des ministres car en 1867, le Conseil de l’Instruction publique s’était prononcé contre l’entrée des femmes en médecine, jugeant cette admission contraire aux mœurs et aux conditions sociales. Avec le soutien de l’Impératrice Eugénie, défenseuse de la cause féminine et l’accord du Conseil des ministres, Madeleine Brès devient officiellement en 1869 la première étudiante française en médecine. Elle doit toutefois obtenir l’accord de son mari car à la fin du 19e siècle, les femmes mariées sont encore jugées irresponsables en droit français.
Lors de la guerre franco-allemande en 1870 puis lors de l’épisode de la Commune de Paris, Madeleine Brès remplace les médecins partis au front et soigne les nombreux blessés qui arrivent en urgence dans les hôpitaux.
Elle est alors reconnue pour ses capacités de médecin, sa disponibilité et son sérieux.
En 1875 à l’âge de 33 ans, elle devient officiellement la première femme médecin en France.
Elle pratique pendant 50 ans une médecine préventive auprès des futures et jeunes mamans et écrit plusieurs livres de puériculture. Elle part en Suisse dans les années 1890, missionnée par le ministre de l’Intérieur pour étudier l’organisation et le fonctionnement des crèches. De retour à Paris, elle fonde une crèche garderie.
Elle décède à Paris en 1921 dans le dénuement le plus total, presque aveugle et oubliée de tous.
