Pierre Salles (1920-2011) - Entre vocation forestière et engagement dans la Résistance cévenole
Cette 70ème chronique Pour mémoire est en lien avec :
► l'exposition "Le temps de la guerre. 1939-1945 dans le Gard"
proposée actuellement (jusqu'au 31 mai 2027).
Des conférences sont également proposées autour de cette exposition
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Enfance et vocation
Pierre Salles naît le 3 octobre 1920 en Algérie, au sein d’une famille de trois garçons. Son père, garde forestier, est muté en Lozère alors que Pierre n’a que onze ans. Il découvre alors les métiers liés à la gestion des bois et développe un goût prononcé pour la vie en pleine nature.
À 19 ans, Pierre Salles envisage une carrière dans l’exploitation forestière à l’étranger, notamment en Océanie.
La guerre met fin à ses projets. Mobilisé en 1940, il est rapidement dirigé vers les Chantiers de la jeunesse française, où il apprend le travail du bois et approfondit sa formation de forestier.
De la révolte à l’action
En 1943, il refuse de partir pour le Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne. Il trouve alors refuge près de Vébron, au pied du Causse Méjean, et rejoint le maquis de la Soureilhade, dirigé par le pasteur Laurent Olivès. Là, il partage le quotidien de jeunes réfractaires bien décidés à résister.
L’année suivante, en 1944, il intègre la 32e compagnie des Corps francs de la Libération (CFL). Il participe à plusieurs combats de la Libération, notamment ceux d’Alès ainsi que celui du 27 août 1944 à Saint-Just-et-Vacquières, où il est blessé au bras.
Une vie au service de la nature
Après-guerre, Pierre Salles retourne à sa première vocation en intégrant l’administration des Eaux et Forêts et en poursuivant un travail dédié à la protection des paysages et des ressources naturelles.
Il conserve avec fierté l’uniforme qu’il portait dans le maquis, auquel il ajoute par la suite les insignes de son métier.
Cet habit, aujourd’hui présenté dans l’exposition, incarne son double engagement pour la liberté et pour la nature.