Curiosités & Trésors (Février 2026)
Les Archives départementales conservent de précieux fonds iconographiques. On y retrouve des photographies, des cartes et plans, des affiches, des dessins, des gravures...
Selon le Dictionnaire de terminologie archivistique.doc (francearchives.gouv.fr)
:
- les documents figurés (ou iconographiques) sont des "Documents composés essentiellement d'images fixes comportant un élément de dessin, de figuration graphique ou photographique."
- les documents photographiques sont des "Documents sur support photographique, incluant les diapositives, les négatifs, les épreuves, voire les documents s'y rapportant".
- les documents cartographiques concernent "les cartes et plans, quelle que soit leur échelle".
Au fur et à mesure des classements, des inventaires sont élaborés et rendus disponibles en ligne.
Tous les mois, les Archives départementales du Gard vous proposent de découvrir des documents originaux et uniques extraits de leurs fonds iconographiques. Les "Curiosités & Trésors" du mois vous sont présentés.
Février 2026
+ d'infos : "Nîmes en apesanteur : les expériences aérostatiques" (Arch. dép. du Gard : 59 Fi 144)
Prenons ce mois-ci un peu de hauteur avec un spectacle apparu au XIXe siècle, les ascensions en ballon.
Le fonds Gaston Bouzanquet conservé aux Archives départementales du Gard sous la cote 59 Fi, contient des documents représentant différents spectacles proposés dans les arènes de Nîmes, dont l’ascension d'un ballon captif.
À l’époque romaine, l’amphithéâtre de Nîmes était un haut lieu de divertissement collectif. Il a accueilli une multitude de jeux et de spectacles, les combats de gladiateurs mais aussi les chasses (venationes) et les exercices d'athlètes.
Avec la réhabilitation du monument au XIXe siècle, sous l’égide de la Commission des Monuments historiques, il retrouve sa fonction première d’espace collectif. Sa fonction de lieu de spectacle se redéfinit alors progressivement, jusqu’à se réinventer complétement, influencée par les nombreuses découvertes techniques et les nouvelles modes apparues au cours du siècle.
Les ascensions en ballon en sont un exemple. Connus pour leur utilisation stratégique durant le siège de Paris en 1870, puis au cours du premier conflit mondial, les aérostatiers se produisent dans de nombreuses démonstrations très populaires en France, donnant parfois lieu à des spectacles particulièrement orignaux.
À la différence de la montgolfière, le ballon captif est maintenu au sol par un câble actionné par un treuil qui contrôle sa montée et sa descente.
Les spectateurs veulent venir découvrir les secrets de ces étonnantes et imposantes machines popularisées dans la littérature par Jules Verne — notamment dans Cinq Semaines en ballon, Robur-le-Conquérant ou Maître du monde —, ou encore par Anatole France dans Les Naufrages aériens.
Cette vue stéréoscopique, du début du XXe siècle, montre un ballon déjà bien haut dans le ciel nîmois. Nul doute que de nombreux passants profitèrent de ce spectacle depuis l’extérieur de l’enceinte romaine ; ils en furent probablement aussi très surpris. Cette fois ci, la nacelle traditionnelle a été remplacée par une cage carrée et l’on suppose que les occupants étaient un homme et un animal, peut être un chien savant.
Un document des archives départementales (conservé sous la cote 8 T 12) mentionne, en octobre 1823, des « expériences aérostatiques » « à donner dans l’enceinte des arènes » par un certain Fassy, aéronaute contemporain des débuts de l’aérostation-spectacle. L’amphithéâtre de Nîmes, déjà espace de mémoire et de spectacle, devient dès lors le lieu de la nouveauté, du rêve, où l’on propose des attractions prisées, désormais adaptées aux sensibilités et aux aspirations modernes.