Dispositifs nationaux

Thème du concours pour l’année 2025-2026 :

  • La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger (1944-1948)

Le service éducatif soutient les enseignants à la préparation au concours 2025-2026.

  • Des conseils de Marine DEL RIO, professeure d’histoire-géographie missionnée aux Archives, par courriel à marine.del-rio@ac-montpellier.fr
  • Une sélection de documents commentés issus des fonds des Archives départementales du Gard sur le site des Archives

Institué en 1961 par Lucien Paye, ministre de l’Éducation nationale, à la suite d’initiatives d’associations d’anciens résistants et déportés, le CNRD est un concours scolaire qui s’appuie sur l’enseignement de l’histoire, de l’histoire des mémoires, de la Résistance et de la Déportation. Chaque année, un thème est défini, pouvant faire l’objet d’un véritable travail interdisciplinaire. Ce concours s’inscrit ainsi dans une démarche d’éducation à la citoyenneté et est une composante essentielle du parcours citoyen de l’élève.

Le Concours National de la Résistance et de la Déportation porte cette année sur "La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi : survivre, témoigner, juger (1944-1948)".

Ce thème met l’accent sur les dernières années de la 2nde guerre mondiale et l’immédiate après-guerre afin de mettre en lumière le sort des survivants, les premiers témoignages mais aussi la volonté de juger les crimes commis pour ne pas oublier.

Ainsi, les élèves vont être amenés à s’intéresser à la fin progressive du génocide, qui continue même après le Débarquement preuve s’il en est de la volonté déterminée d’extermination. Le thème permet d’évoquer "les marches de la mort" et la fin de l’univers concentrationnaire en 1944-1945.

Se pose aussi la question du retour d’une infime minorité de déportés survivants dans des conditions très diverses selon les pays d’origine, de leur accueil et de leur retour à la vie souvent difficile.

Pour une grande majorité d’entre elles et eux, l’urgence est aussi de témoigner pour ne pas oublier celles et ceux qui ont disparu, pour révéler au monde une réalité impensable. Cela peut se faire dans la sphère privée (la famille notamment) mais aussi dans les journaux pour que leur histoire soit connue. Ces "témoins de l’immédiat" sont à la fois des rescapés du génocide perpétré contre les Juifs et des déportés politiques.

La découverte de l’univers concentrationnaire, de l’horreur des camps de concentration et des centres de mis à mort poussent les contemporains à juger les criminels nazis.

Les bornes chronologiques du thème permettent de réfléchir à la mise en place de procès internationaux (Nuremberg et Tokyo), à l’émergence de nouvelles catégories juridiques jusqu’à la reconnaissance de la notion de génocide par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par l’assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1948.

À l’échelle locale

La presse locale se fait porte-parole des dernières étapes de la 2nde guerre mondiale et publie les premières images des camps de concentration et des centres de mise à mort. On y trouve également les premiers témoignages des survivants.

Les différents procès sont également documentés, à la fois ceux des collaborateurs, acteurs de la mise en place de la solution finale à la question juive mais aussi les étapes de la mise en œuvre et du déroulé du procès de Nuremberg par exemple.

1ère partie : survivre

► Un retour à la vie difficile

La presse se fait l’écho des familles de déportés qui sont sans nouvelles de leurs proches. On trouve ainsi des demandes de renseignements concernant les prisonniers de guerre, les hommes partis pour le STO mais aussi de prisonniers politiques avec la mention de leur lieu d’internement.

Ceux qui reviennent sont pris en charge par des comités d’accueil et des aides sont mises en place pour tenter de leur permettre de reprendre autant que faire se peut une vie "normale".

Intérêt du document : mention des personnes dont les familles n’ont pas de nouvelles, montrer l’attente, les difficultés du retour pour certains.


Intérêt du document : montrer la mise en place de structures pour accompagner le retour des déportés. Autre chronique de déportés.


Intérêt du document : montrer la mise en place d’aides basées sur des critères spécifiques tels que le statut de déporté racial ou politique, mutilé de guerre, ancien prisonnier.


Intérêt du document : montrer la mise en place d’associations d’aide aux victimes du nazisme (ou aux familles des victimes du nazisme) avec l’organisation d’une journée, ici pour les enfants.

► La restitution des biens des Juifs

Suite à l’abrogation de toutes les discriminations contre les Juifs, se pose la question de restitution des biens qui leur ont été spoliés.

2ème partie : témoigner

Le retour s’accompagne souvent pour les déportés, d’une volonté de témoigner pour honorer la mémoire de celles et ceux qui ont disparu et pour raconter les horreurs subies.

De nombreux témoignages, directs ou rapportés, paraissent dans la presse, parfois accompagnés d’articles sur les camps illustrés de photographies.

Intérêt du document : premières images des camps de Buchenwald et Bergen-Belsen révélant toute l’horreur de la déportation. 


Intérêt du document : témoignage sur la déportation d’une personne juive, évocation des chambres à gaz. Il est intéressant de constater que le premier article la présente comme déporté israélite, tandis que le second la qualifie de déporté politique.

Pour aller plus loin : https://afmdgard.org/nahon-alfred/ 


Extrait du discours prononcé par Charles Bedos dans les arènes de Nîmes dans "Cérémonies d’hommage au bâtonnier Charles Bedos" (Arch. dép. du Gard : BIB BR 4056)

"10 mois se sont écoulés depuis que la grosse masse des déportés politiques -pauvre et lamentable masse en vérité, des faméliques survivants- a été rapatriée.
Depuis lors, et même depuis que les tanks libérateurs ont rompu les fils barbelés, l’opinion mondiale a été informée des hallucinantes horreurs qui se passaient dans les camps de concentration créés et dirigés par les nazis.
Toute une littérature a fleuri sur ces enfers. Des photos et des films ont été présentés au public.
De nombreux et ardents conférenciers, d’autant plus émouvants qu’ils évoquaient leur propre calvaire, en ont instruit de vastes auditoires.
J’ai lu cette littérature, 
J’ai vu les photos et les films,
J’ai religieusement écouté les orateurs qui, avec des talents divers, s’évertuaient à faire revivre les heures atroces qu’ils avaient vécues.
J’ai observé le respect, l’émotion et les réactions des lecteurs, spectateurs et auditeurs que secouaient souvent des frissons d’horreur.
J’ai vu bien des yeux se remplir de larmes.
Et bien, malgré ce, je proclame que nul -hormis ceux qui sont passés par là – ne peut se faire une idée, même lointaine du régime de souffrances et de détresses, d’atrocités et de tueries, d’agonies et de mort qui régnait dans les camps maudits.
Quelles que soient en effet la précision et la fidélité de la photographie immobile ou filmée (faite évidemment après la libération des cams donc étrangère à leur vie),
Quel que soit l’art descriptif de l’écrivain et sa puissance d’évocation, quels que soient le talent de l’orateur, la richesse des expressions, le coloris de ses images,
Il est des visions, 
Il est des bruits,
Il est des couleurs et des odeurs, 
Il est des sensations, des sentiments, des émotions,
Il est surtout des atmosphères, des climats fait précisément de ces bruits, de ces odeurs et de ces sensations qui échappent à toute reproduction.
[…]
Une conclusion cependant
Et en terminant, je dois vous dire que, s’il se trouve des rescapés, des survivants, c’est précisément parmi ceux qui, à travers leurs angoisses et leur désespoir, ont toujours conservé une petite flamme d’espérance.
Cette espérance, c’est la conviction que nous souffrions et nous mourrions pour la plus noble cause, pour la liberté, pour notre patrie régénérée.
Oui, que la France était belle quand, à des centaines de kilomètres et terrassés par des kapos, nous la revivions derrière les barbelés !
Aussi, pour que nos camarades ne soient pas morts en vain, pour que tant de sacrifices soient féconds, nous vous disons une seule chose :

Faites la nouvelle France comme nous l’avons rêvée et comme nous l’avons aimée !

Intérêt du document : évocation du retour des camps, de la volonté de transmettre et de l’espoir en la France future.

Pour aller plus loin : voir la plaque devant le palais de Justice de Nîmes.

3ème partie : juger

Dès l’immédiate après-guerre, la question de juger les responsables de la mise en place de l’univers concentrationnaire et de la Shoah se pose en France et dans le monde.

De nouvelles notions juridiques voient le jour : celle de "crime contre l’humanité" et celle de "génocide" consacrée dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948.

Intérêt du document : montrer l’organisation des procès de Nuremberg ainsi que la préparation nécessaire. 



Intérêt du document : évocation du début du procès de Philippe Pétain pour collaboration. Il est appelé "chef de l’État français par le bon plaisir d’Adolf Hitler"


Intérêt du document : la mention de la clôture du procès et des réquisitoires illustre l’intérêt marqué de la presse locale pour cette affaire.


Intérêt du document : clôture des procès de Nuremberg et indication des peines prononcées.

À savoir : "M.P" signifie "Military Police".


Intérêt du document : l’évocation des procès à venir met en lumière que la justice ne se limite pas aux hauts dignitaires, mais concerne également des individus de rang inférieur.