Connaissez-vous Amador Alvarez, déporté à Dachau en 1944 ?
Amador Alvarez
- 73008 – Dachau
- Né le 20 décembre 1920 à Sama de Langreo (Espagne)
- Décédé le 11 août 1993 à Montpellier
La vie d’Amador Alvarez illustre le parcours d’un homme résilient, engagé très jeune dans la lutte antifasciste et la Résistance, déporté puis libéré, qui continua après la guerre à défendre ses convictions jusqu’à la clandestinité.
Voici son histoire...
Amador Alvarez est né le 8 décembre 1920 à Sama de Langréo (Espagne). Ses parents, Amador, mineur dans les Asturies, syndicaliste très engagé et sa mère Nativité Fernandez émigrent en France en 1928 avec leurs 5 enfants. Quand la guerre civile éclate en Espagne, le père d’Amador rejoint l’Armée républicaine et aurait été tué à la bataille de Santa Quiteria en avril 1937.
En 1939, Amador travaille aux mines de pyrite du Soulier à Saint-Martin-de Valgalgues (Gard).
Dès 1941, il rejoint le Front national de lutte pour l’indépendance de la France et les FTP le 1er janvier 1943. Diffusion de tracts communistes, coups de main pour récupérer des tickets de rationnement, vols d’explosifs dans les carrières (la mine étant trop surveillée) sont aux actifs de l’équipe qu’il forme notamment avec Michel Lascaridès (matricule 73634), Alfred Rodriguez (matricule 73951), Jean Mouratoff.
Le 8 avril 1943, la brigade de gendarmerie d’Alès arrête Lascaridès et deux des frères Alvarez, Amador et Angel. Le reste de l’équipe le sera dix jours plus tard. Le domicile de la famille Alvarez au 40, rue Tisserie est perquisitionné, faux papiers et tracts sont découverts.
Du 14 avril au 28 mai 1943, Amador est interné au fort Vauban d’Alès puis à la maison d’arrêt de Nîmes jusqu’au 28 juin. La section spéciale de la cour d’appel de Nîmes le condamne le 1er juin 1943 à 20 ans de travaux forcés pour activité communiste et port d’armes. Écroué à la centrale de Nîmes jusqu’au 16 octobre, il est transféré à la Centrale d’Eysses (Lot-et-Garonne) où il est enregistré sous le n° 610. Amador appartient au bataillon FFI de la prison et participe aux mutineries des 9, 10 et 11 décembre 1943 et du 19 et 20 février 1944.
Le 30 mai 1944, il est livré avec 1121 détenus aux autorités allemandes. Arrivé au camp de Compiègne le 2 juin, il est déporté le 18 juin avec le convoi I.229 à Dachau. Le 24 juin, il est versé à un Kommando d’Allach employé à des travaux de terrassement pour pistes d’atterrissage.
Jour mémorable que celui du 30 Avril 1945. À 10h30, alors que j’étais encore dans le bloc, j’entends une rumeur confuse dans laquelle le cri "les voilà" dominait par intermittences. Je me précipite au dehors avec le reste des camarades et nous apercevons les soldats américains…
Témoignage écrit par sa fille Sonia Alvarez confié à Mémoire et Résistance Gard pour l’AERI (cédérom La Résistance dans le Gard) aeri-2009
Dirigé sur Mulhouse, il est rapatrié le 23 juin 1945. De retour à Alès, il reprend son métier de mineur aux mines du Soulier puis est embauché au puits Sainte-Marie à Rochebelle. Il épouse Marie Logvinoff et ont deux enfants.
Il continue de militer, s’investit à fond dans le syndicalisme ouvrier et joue un rôle actif dans les mouvements sociaux des années 1947-1948, ce qui lui vaut une décision d’expulsion de France le 31 mai 1950 par arrêté du ministère de l’intérieur. Assigné à résidence en Corse, il ne rejoint pas ce département et fait l’objet de recherches. Il plonge dans la clandestinité et vit sous un nom d’emprunt. Il n’a jamais renié son engagement. Il décède en 1993.
Monique Vézilier
Sources :
- 21 P 697 340 DAVCC Caen dossier de déporté d’Amador Alvarez
- 1W145, AD Gard : dossier pour l’obtention des cartes de Combattant Volontaire de la Résistance
- https://maitron.fr/
Centrale d’Eysses par Fabrice Bourrée, Dominique Tantin, version mise en ligne le 25 décembre 2015. - Arolsen, dossier de déporté 9961114, 128643809
► Biographie disponible à partir du lien suivant : ALVAREZ Amador - AFMD GARD![]()
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Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD), créés en 1995, œuvrent pour préserver et transmettre la mémoire de la déportation et de l’internement. L’association défend l’honneur et les droits moraux des déportés, internés et résistants, et s’engage activement contre le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie ainsi que toute résurgence du nazisme ou toute idéologie fondée sur l’intolérance raciale ou religieuse.
À Nîmes, 1 149 noms de déportés gardois sont aujourd’hui inscrits sur le Mémorial de la Déportation.
L’inauguration des plaques commémoratives a eu lieu en 2021. À la suite de cet événement, un collectif de bénévoles a entrepris de rédiger les biographies de chacun de ces déportés, ainsi que celles des 129 victimes de la barbarie nazie et de la police de Vichy.
Cet important travail a conduit à la création d’un outil de mémoire et de recherche, rassemblant les biographies de toutes les personnes liées au Gard — nées, domiciliées ou arrêtées dans le département — qui ont été déportées durant la Seconde Guerre mondiale.
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