Curiosités & Trésors (Juillet-Août 2026)
Les Archives départementales conservent de précieux fonds iconographiques. On y retrouve des photographies, des cartes et plans, des affiches, des dessins, des gravures...
Selon le Dictionnaire de terminologie archivistique.doc (francearchives.gouv.fr)
:
- les documents figurés (ou iconographiques) sont des "Documents composés essentiellement d'images fixes comportant un élément de dessin, de figuration graphique ou photographique."
- les documents photographiques sont des "Documents sur support photographique, incluant les diapositives, les négatifs, les épreuves, voire les documents s'y rapportant".
- les documents cartographiques concernent "les cartes et plans, quelle que soit leur échelle".
Au fur et à mesure des classements, des inventaires sont élaborés et rendus disponibles en ligne.
Tous les mois, les Archives départementales du Gard vous proposent de découvrir des documents originaux et uniques extraits de leurs fonds iconographiques. Les "Curiosités & Trésors" du mois vous sont présentés.
Juillet-Août 2026
+ d'infos : Au fil de l’Arre, l'ode à la rivière (Arch. dép. du Gard : 41 Fi 51)
En ce début d’été, accordons-nous quelques instants de fraîcheur au bord de la rivière Arre et du vieux pont du Vigan.
Si le photographe est resté inconnu, cette plaque de verre négative, extraite de la sous-série 41 Fi des Archives départementales du Gard, témoigne d’une scène d’une rare justesse, où le quotidien se mêle à la poésie des lieux.
Au cœur de la composition se dresse un pont médiéval de belle facture. Sa conception, héritée des modèles de l’architecture antique, est adaptée au régime des pluies cévenoles, souvent impétueuses. Sa construction robuste, réalisée en pierre de taille et en moellons, permet en effet de résister aux crues, et ses quatre arches décroissantes permettent de mieux répartir le débit de l’eau. Classé au titre des monuments historiques depuis mars 1938, le pont demeure un élément incontournable du patrimoine viganais. Son rôle était d’ailleurs essentiel pour franchir l’Arre, et il servait de trait d’union entre le Causse et les Cévennes.
Si l’on s’attarde sur le support, on remarque des éléments typiques de la photographie à la chambre : ici, les bords ne sont pas parfaitement exposés. De plus, le temps de pose encore long, en cette fin de XIXe siècle, reste visible dans le flou de mouvement du personnage central.
Sur la rive, une femme agenouillée s’active à laver son linge dans le cours d’eau, son panier d’osier et ses baluchons sont posés à ses côtés. Le courant lui aura probablement facilité le rinçage de son ouvrage. Un jeune homme, en surplomb, contemple les alentours et semble pouvoir s’abandonner à la magie poétique de la rivière.
La rivière, quant à elle, s’impose comme un élément central. Elle apaise, relie et inspire. Gaston Bachelard écrira plus tard dans L’Eau et les rêves :
C’est près de l’eau et de ses fleurs que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l’eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays.
Par sa quiétude, les bords de la rivière et son vieux pont ont dû enchanter de nombreux passants, amoureux de la poésie et de la nature.
Ce point de vue a également largement inspiré les artistes ; on retrouve ainsi de nombreuses cartes postales, dessins et aquarelles, ou encore d’anciennes affiches présentant ce pont du Vigan. Le catalogue des cartes postales numérisées des Archives départementales du Gard propose également plusieurs vues de cet ancien édifice.
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L'inventaire et les images numérisées de ce fonds seront prochainement mis en ligne et disponibles sur notre site de consultation.
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