La naissance du Front populaire et les premiers congés payés

Le Front populaire est une alliance électorale conclue en 1934 par les trois grands partis de gauche : le Parti communiste de Maurice Thorez, la SFIO (parti socialiste) de Léon Blum et, plus près du centre, le Parti radical-socialiste d'Édouard Daladier. Sa victoire soulève dans les classes populaires un espoir d'autant plus grand que le pays est fortement impacté depuis plusieurs années déjà, par la crise économique liée au krach boursier de 1929.

L’arrivée au pouvoir du Front populaire provoque une succession de grèves sans précédent à travers toute la France. Au total, ce sont près de deux millions de grévistes qui défilent de manière pacifiste dans l'allégresse et la joie.

La Chambre des députés adopte le projet de loi sur les congés payés, le 11 juin 1936, avec 563 voix pour et 1 contre. La loi est promulguée le 20 juin 1936 et les décrets d’application sont pris dès le 1er août. Pour la première fois, des salariés partent en vacances durant l’été 1936. Ces premières vacances constituent aujourd’hui encore le symbole du Front populaire.

L’été 1936 dans le Gard

Les départs en vacances lors de l’été 1936 ne sont toutefois pas massifs et se font généralement à proximité du domicile dans la campagne environnante. En effet, peu de Français disposent d’un véhicule personnel et de moyens financiers suffisants pour partir. Il faut attendre les années 1960 pour voir émerger le tourisme de masse et les premiers embouteillages sur les routes de France, d’autant que la 3ème semaine de congés payés a été instaurée en 1956.

Comme dans toute la France, le Gard voit cependant arriver en 1936 quelques touristes profitant de l’instauration des premiers congés payés. Le Grau-du-Roi devient ainsi le temps d’un été, une station balnéaire appréciée où les vacanciers investissent les plages. Déjà classé station climatique et balnéaire par un décret présidentiel du 26 avril 1924, grâce à des travaux d’aménagement conséquents, Le Grau-du-Roi connaît en 1936 son premier afflux touristique.

Mai 68

Mai 68 traduit une véritable crise sociétale. Contestant la société de consommation et l'idéologie productiviste qui lui est associée, soucieuse de la rentabilité financière aux dépens du bien-être, Mai 68 dénonce l'aliénation par les objets et la création permanente de nouveaux besoins. L'épanouissement personnel de l'individu est exalté contre la rigidité des hiérarchies et des disciplines imposées. Le modèle autoritaire que l’on retrouve dans la famille, à l'école, dans l'entreprise et dans toutes formes d’organisations et structures sociales est directement mis en cause.

Les accords de Grenelle sont finalement conclus le 27 mai entre les représentants du gouvernement dont Jacques Chirac, alors secrétaire d'État aux Affaires sociales, chargé de l'Emploi, les représentants des syndicats et ceux du patronat. Ils portent essentiellement sur une augmentation des salaires de 10 % en moyenne et une revalorisation de 35 % du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti, qui deviendra en 1970 le SMIC) ainsi que l’instauration de la 4ème semaine de congés payés.

Une ordonnance prise en conseil des ministres le 13 janvier 1982, instaure les 39 heures hebdomadaires de travail et la 5ème semaine de congés payés.

Les stations balnéaires

Le Grau-du-Roi

La création

Dès le milieu du XIXème siècle, les habitants du hameau du Grau-du-Roi sur le territoire de la commune d’Aigues-Mortes, sollicitent l’érection de ce hameau en commune, nécessitant l’autorisation de la municipalité d’Aigues-Mortes, qui doit céder une partie de son territoire. Après des tractations tendues, le hameau du Grau-du-Roi finit par être érigé en commune par la loi du 19 juillet 1879. Simple port de pêche, Le Grau-du-Roi devient au cours du XXème siècle, une station balnéaire et climatique très prisée avec la mode des bains de mer.

Tout au long du XXème siècle, la commune ne cesse de développer cette activité.

La station balnéaire

Le Grau-du-Roi, commune depuis 1879, devient une station balnéaire réputée à la fin du XIXème siècle. La ligne de chemin de fer est inaugurée le 5 septembre 1909 en présence de Gaston Doumergue, alors ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. Devenu président de la République, il prend un décret le 26 avril 1924 classant Le Grau-du-Roi « station climatique et balnéaire ».

L’obtention de ce label permet la perception d’une taxe de séjour sur les touristes par la commune qui augmente ainsi ses recettes et continue d’aménager la station balnéaire pour le plus grand plaisir des vacanciers qui se pressent chaque été sur les plages. Ils sont entre 8 000 et 10 000 baigneurs dans les années 1920.

L’aménagement

La municipalité doit toutefois résoudre un problème important en période estivale. En effet, l’approvisionnement en eau potable est difficile lorsque les touristes affluent. D’autant que l’ouverture de la route littorale en 1953 en direction de Montpellier rend la station encore plus accessible pour les touristes étrangers, Suisses, Allemands, Belges ou encore Hollandais. On met alors en place un lagunage pour assurer le traitement des eaux usées.

Au problème de l’eau, s’ajoutent également des problèmes liés à la circulation automobile, aggravés par le manque d’aires de stationnement. Il faut aussi assurer la sécurité des plages et sensibiliser touristes et baigneurs aux dangers de la mer.

Port-Camargue

Dans les années 1960, l’architecte Jean Balladur est chargé de l’opération d’aménagement du littoral Languedoc-Roussillon. Il s’agit de la « mission Racine ». Il élabore un plan d’aménagement pour des nouvelles installations portuaires sur l’emplacement des dunes et de marais situés à l’est de la commune vers la pointe de l’Espiguette.

Inauguré en 1970, ce nouveau complexe, appelé « Port-Camargue » devient en 1989 le premier port de plaisance d’Europe. Il n’a jamais été détrôné depuis avec près de 5 000 places d’amarrage. C’est aussi le deuxième au monde, derrière San Diego en Californie. En 2015, le port est classé « Patrimoine du XXème siècle », dont la capitainerie construite en 1974.

Le tourisme culturel

Nîmes et ses vestiges romains

Nîmes, ville au « sept collines », conserve de nombreux vestiges de son glorieux passé romain. Chef-lieu du département du Gard, la ville abrite de nombreux monuments romains exceptionnellement bien conservés, dont l’amphithéâtre, la Maison Carrée, le temple de Diane, la porte de France ou encore la porte d’Auguste.

Par ailleurs, ses jardins établis autour de la source antique, appelés Jardins de la Fontaine, sont particulièrement appréciés des visiteurs. Ils se composent de deux espaces distincts : un jardin romantique aménagé sur les pentes du mont Cavalier et un jardin classique en contrebas. Les jardins respectent au mieux l’implantation des ouvrages antiques. La fontaine constitue leur point central. Le grand escalier, derrière la source, mène à des allées bordées de pins d’Alep et de chênes verts pour rejoindre la tour Magne, tour romaine dominant l’ensemble.

Au pont du Gard

Classés site pittoresque en 1932, le pont du Gard et son environnement protégé sont devenus l’emblème du département et restent aujourd’hui encore une attraction touristique très prisée. Chaque année, plus d’un million de visiteurs se pressent en effet sur les berges du Gardon et sur le pont, classés au titre du patrimoine mondial de l’Unesco en 1986.

Propriété du Département du Gard, une politique de mise en valeur du site a été engagée dès 1996, offrant désormais des accès aménagés et proposant une base de loisirs très recherchée en période estivale.

Le tourisme vert

Le Club cévenol

Fondé en 1894 à Florac par Paul Arnal, spéléologue, le Club cévenol est un syndicat d’initiative visant à promouvoir le tourisme dans la région des Cévennes, des Causses et des Gorges du Tarn. Soutenu par de nombreuses personnalités de la région, il a contribué à mettre en lumière les vallées cévenoles méridionales ainsi que les Causses et l’Aigoual.
Société de spéléologie à ses débuts, l'association devient rapidement troisième société de tourisme en France. Toujours en activité aujourd’hui, elle favorise un tourisme respectueux des Causses et des Cévennes.

Le camping

La notion de tourisme vert est récente. Elle émerge au début des années 1990. On parle alors d’écotourisme, sorte de « voyage responsable » effectué dans des environnements naturels préservés. Toutefois, dans les faits, l’attrait pour la nature s’observe depuis longtemps déjà.

Si l’apparition des premiers campings, d’inspiration anglosaxonne, émergent à la fin du XIXème siècle, c’est surtout l’instauration des premiers congés payés à partir de 1936 qui lance l’essor de cette nouvelle forme de tourisme. Le phénomène prend une telle ampleur chaque été, que l’État est contraint de légiférer par décret en 1959 pour limiter le camping sauvage.

Le Gard constitue aujourd’hui encore un lieu privilégié pour la pratique du camping en période estivale au bord de ses nombreux cours d’eau et dans sa station balnéaire du Grau-du-Roi.

Les colonies de vacances

Les premières colonies de vacances voient le jour en France au tournant des années 1880. Elles ont pour vocation initiale d’apporter un bien-être sanitaire aux enfants des villes. Le grand air des campagnes vise en effet à les purifier des gaz toxiques qui s’échappent des usines tournant à plein régime. Peu à peu, les colonies de vacances jouent également un rôle éducatif apportant à l’enfant le respect des règles morales et l’apprentissage de la vie en groupe.

Les colonies connaissent un âge d’or après-guerre, avec plusieurs millions d’enfants accueillis chaque année dans ces centres entre 1950 et 1960. Les autorités religieuses s’emparent également de l’engouement pour les colonies de vacances pour créer leurs propres institutions de vacances, à l’image des scouts.

La colonie de vacances de Villemagne dans le Gard

La colonie de vacances de Villemagne, située à Saint-Sauveur-Camprieu, est un service départemental, placé directement sous l’autorité du préfet. L’administration est assurée par un économe. Elle ouvre ses portes pour la première fois lors de l’été 1936. Dotée d’une capacité d’accueil de 200 enfants, âgés de 7 à 14 ans, elle fonctionne sur deux saisons de 45 jours, du 15 juin au 30 juillet et du 1er août au 15 septembre. Une saison est réservée aux garçons, l’autre aux filles. Les enfants sont admis après visite médicale. L’acheminement des colons jusqu’à la colonie est organisé par la préfecture du Gard via le réseau ferroviaire.

Chaque enfant doit venir muni d’un trousseau dont la liste est scrupuleusement détaillée par l’administration de la colonie selon le sexe de l’enfant. Le lever se fait à 7h30, le coucher à 21 heures. Le matin est consacré à la toilette, aux causeries éducatives, à la correspondance et aux jeux libres, l’après-midi est rythmé par les promenades et les excursions.

Zoom sur... le catalogue lié à l'exposition itinérante

Plus d'infos sur les expositions itinérantes

Les Archives départementales disposent de plusieurs expositions itinérantes, produites par les services du Département ou en partenariat avec d’autres institutions culturelles.

Elles visent à mettre en lumière l’identité culturelle du territoire du Gard en multipliant les angles de vue sur l’histoire gardoise (archéologie, patrimoine, ethnologie…).

Vous souhaitez développer un travail pédagogique ou illustrer une manifestation culturelle ? Ces expositions vous accompagneront dans vos différents projets.

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